Présents (Interclub massif !) :
Steph G, Fred M et Christophe R pour les batraciens.
Thomas S, JP V, Éric J, Gérald J, Gaby A, Pierre D, Louis H, Gilles BM, Philippe L, Romain L pour ceux qui avaient fait le choix numéro 1. 
Ont équipé la semaine précédente : Thomas, Alex F, Manu G. Voir le compte-rendu de cette sortie.
TPST : de 7 à 13 h
 
Photos : 
Sur Picasa par Thomas, par Steph
Topo avec report surface : 

Dauphin Vellerot général sur fond IGN

 
Sur une idée originale de Belges qui n'allaient pas à Ouzène, bonifiée par Monseigneur Thomas Sergentet, appuyée d'une méchante volonté de 3 des plongeurs opérationnels, est organisée une journée à thème : 
"Promener des kits sous terre mais si possible avec un peu de poids dedans, avec au minimum un kit par personne, même si le nombre de participants est important et surtout sans rien emmener d'inutile parce que l'on est pas maso" 
  1. Si le thème vous convient, tapez 1.
  2. Si le thème ne vous dit rien, restez à profiter des premiers rayons de soleil de l'an de grâce 2013.
  3. Si vous êtes indécis, demandez le moite moite et il ne reste que la proposition 1.
  4. Si vous êtes Belge et que le thème est en partie dû à votre envie de visiter le Dauphin, faites le Belge : Allez au Crottot et laissez les kits pour d'autres.
  5. BONUS : Si vous avez tapé 1 mais que vous êtes à vélo, vous avez droit au coup de fil à un ami.
Tout le monde à fait son choix ?
C'est votre dernier mot ?
Z'êtes sûr hein parce que la météo permet réellement de mettre en pratique le projet ?
Alors c'est parti mon kiki !
Si vous n'avez pas reçu tous les mails de préparation mais que vous avez quand même suivi que l'on irait pas à la Croisotte, vous pouvez appeler Monseigneur Sergentet pour quelques infos la veille au soir, ce qui vous permettra de savoir que le rendez vous est fixé à l'heure ensoleillée certes mais non moins différente d'une prise de poste à votre travail, je veux dire 8 h sur place. Une fois cette information digérée, assimilée et transformée en heure de réveil probable, comme vous êtes un touriste, même pas Belge, et que vous ne savez pas forcément où se trouve le Dauphin ; peut être dans un bâtonnet de poisson pané Captain' Igloo, vu que y'a bien du Cheval dans les lasagnes Bolognaises ; vous pourrez alors organiser un rendez vous permettant le co-voiturage, toujours agréable un samedi matin au soleil sur route verglacée dans les virages. 

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Pour la bolognaise donc, voir ici.
Sur ces bonnes nouvelles, allez donc préparer votre matériel, et de quoi attendre, manger, attendre, manger, attendre et.... chauffer les lieux. En effet, une bonne épopée souterraine ne saurait être propice aux comérages que dans un nid douillet. Ce qui sera dit sous terre le restera, on notera tout de même que trop peu de gaz pour restant dans la cartouche te fera te retrancher sur la saucisse fumée parce que certes, sous terre, les nouilles chinoises c'est excellent mais crues, c'est pas top. Ce qui est bien mais pas top
Bref, vous voilà chez Thomas avec une petite 1/2 heure de retard et vous chargez une quantité de matos à vous faire vous demander si c'est bien une sortie plongée qui est prévue... Pic de terrassier, cordes, barre raumer, enfin, de quoi remplir assez de kits, quel que soit le nombre de participants. En route pour rallier le gouffre. Là, les plongeurs et d'autres sont déjà arrivés, bien garés, bien réveillés. Des thermos de café fleurissent comme neige fond au soleil et quelques 12 kits sont préparés, ça tombe bien on est 10. Ben oui, si vous avez suivi, on ne porte pas uniquement du matériel de plongée, mais aussi de quoi, je me cite : "attendre, manger, attendre, manger, attendre et.... chauffer les lieux".
Le gouffre qui s'ouvre directement derrière la stabulation des vaches de M. Dauphin, l'agriculteur sympathique propriétaire de l'exploitation agricole où nous nous trouvons, a déjà été équipé par Monseigneur Sergentet, ainsi que ses fidèles destriers Alex F et Manu G la semaine précédente. 
Chacun son tour, accompagné de son fidèle compagnon en bâche plastique résistante et quelques sangles...
Nous entrons dans le gouffre
à l'aide de la corde qui indique la direction générale à suivre : la verticale et vers le bas. Le gouffre est vraiment joli et j'ai même droit à la visite guidée, étant tantôt devant, tantôt sur les talons de Monseigneur Sergentet. C'est très intéressant. On apprend même que avant, les spits étaient plantés au ras des pâquerettes en tête de puits et que suite à un stage initiateur, la façon d'équiper à quelque peu changé ! En voilà un qui a fait un stage initiateur guitare...

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À la base des puits, nous ne voyons plus depuis longtemps les trois devant qui ont dû bouffer de l'antilope au petit déj' mais nous progressons tranquillement. S'ensuivent les 400 mètres de galerie plus ou moins chiantes car ni debout, ni putes ni soumises ni à genoux. La source noire, indiquera au retour que le passage longuet sera bientôt fini mais donc là elle indique seulement le début... ensuite la plage au niveau de l'affluent des niphargus (quelques idées recettes en cas de blocage par crue car il y a d'après Monseigneur Sergentet quelques beaux spécimens !) où la pose s'impose, c'est une tradition.
Nous voici donc arrivant à la confluence où désormais on se tient debout. Les trois meneurs attendent et commencent à refroidir un peu. On ne traîne donc pas et c'est après un pipi que nous continuons. Il nous reste environ 1 km de galerie à parcourir pour rejoindre le siphon objet de la visite. 
Les plongeurs déballent alors leur matériel
et bardent au choix les bouteilles de pelle US, pioche, marteau de géologue non sans avoir lesté leur combinaisons de combi shunto, décamètre, carnet topo et autre plombs que nous n'avons pas amené pour rien, car c'était dans le thème du jour, rien d'inutile. Chacun à sa manière, ils se préparent, et Fred, qui est le seul à ne pas connaître le siphon partira en premier pour découvrir. C'est vrai aussi qu'ils bardent tous trois leurs casques de moultes lampes pour "après le siphon parce que là dedans t'y vois rien, tu plonges quasi dans la boue". L'un d'eux fait même la remarque que tu passes sûrement mieux avec la tête de face (genre tortue qui allonge le cou) puisque ta tête est sûrement moins haute que si tu la tournes de côté puisque avec les lampes, ça fait super large donc ça doit moins bien passer !

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Il est 13h30 quand ils partent s'immerger et ils partent pour 4h de temps. Fred étant de la partie, on peut espérer que cet horaire sera sensiblement juste. Éric mangera un bout et repartira car il ne peut rester trop tard. Ha au fait, il remonte tranquille à vide puisque rien n'est inutile. Oui sauf que ça c'est sans compter que CR pour ne pas le nommer a oublié de gonfler une bouteille donc au lieu des 1200 litres d'air qu'elle doit contenir, elle ne sert qu'à alourdir le poids du kit que Éric remontera avec lui, plus quelques marteau, plomb et palmes non utilisées. Je n'étais pas à côté mais je crois avoir entendu râler au loin... Un plongeur devra faire un aller retour pour apporter une seconde bouteille au dernier plongeur qui n'en a du coup plus qu'une. 
De notre côté nous installons l'attente.
Une fois sous les survies élaborées en point chaud, on mange, discute, mange, chauffe et boit du pruneau distillé de toute première qualité. Après 2h30 environ à dire du mal de tout un chacun, Thomas et moi partons faire une balade dans l'affluent sans fin. Un joli affluent très rectiligne au bout duquel se trouve la cheminée de l'assiette, nom dû à une forme d'érosion à sa base. Une escalade serait à faire et c'est de toute beauté. Gilles vient d'arriver dans le point chaud au moment où nous le quittons. Après cette belle promenade qui réchauffe son homme, nous revenons et nous décidons finalement à tout de même aller avancer un peu une escalade non loin du point chaud mais sous cascade. Les plongeurs ne devraient pas tarder à revenir. 
Thomas est vraiment sous la cascade et ne voit pas vraiment où il lance la sangle pour coiffer une lame de roche qui lui servira d'ancrage afin de gagner quelque mètres. Je l'assure en m'abritant des gouttes qui tombent et me dis que si les plongeurs ne reviennent pas à l'heure prévue, j'en connais un qui va avoir froid à un moment donné ! Enfin, pour patienter, il a de quoi tamponner des spits alors ça devrait aller.
Hop, voilà Gilles qui passe avec un gros kit, d'où dépasse un robinet de bouteille. 
- Ho les gars, moi j'y vais
- Ils sont revenus ?
- Ouais, moi je file, j'ai un gros kit
- Ok, à tout à l'heure. 
Le temps pour Thomas d'amarrer la corde là où il est arrivé à monter et nous rejoignons le "camp" afin d'aider à remballer le matériel de plongée. Le point chaud à déjà été démonté. Les trois plongeurs ont pu faire la topo d'environ 600 m de galerie post siphon, ont vu plusieurs cheminées monumentales et se sont arrêtés devant un S2 qui donne pas super envie. C'est dire !
Ils mangent un morceau et...
c'est à 18h30 que nous nous mettons en route vers la sortie
2 ou 3 compères ont pris un peu d'avance. 
À la confluence, juste avant les 400 m de galerie "chiante", plaisir de croiser Philippe et Louis venus aider pour le portage de remontée. On les informe que chacun à un kit mais que les 2 qu'ils ont du croiser seront ravis d'apprendre qu'ils pourront se délester un peu... Je presse le pas pour leur annoncer la bonne nouvelle et je les retrouve juste avant la base des puits. Ils sont ravis. N'ayant pas un kit trop chargé, je troque un petit bidon 3,5 L contre une ceinture de plombs dans un kit qu'ils ont amené. Ça change la donne pour celui qui portait le kit qui reçoit le bidon à la place des plombs et il ne s'en plaint pas. 
Les sorties s'étalent de 20h30 à 23h15 environ et Pascal Dauphin, propriétaire des lieux nous accueille avec café et goutte. Super sympa. Un peu mouillé, la priorité est cependant mise sur le fait de se mettre au sec en premier lieu. Les kits arrivent avec les bonhommes et sont vidés illico pour pouvoir faire un peu le tri du matos. 
Chacun prend ensuite la route du retour, ce fut une super journée, avec des gens motivés et intéressants. Le Dauphin dépasse maintenant les 4000 m de développement et pas qu'un peu. Chiffre exact à venir avec la topographie. 
Merci à tous pour la bonne humeur, l'entraide et le partage. C'était chouette. Présent pour la prochaine séance !
Bise, Romain
(ndlr : Rom1, invité d'honneur du GSD qui s'est collé au compte-rendu avec maestria).
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Le compte-rendu côté plongeurs ! Merci Fred...
 

“Nous voilà réunis à l’entrée du gouffre Dauphin, cela fait un moment que nous en parlons et ce week-end tout a été réuni : l’équipe de porteurs, la météo (la neige ne fond que sur les toits !). Les 150 mètres de puits n’opposent pas de difficultés en comparaison des 300 mètres de méandres qui suivent. Chargé, chacun avance à son rythme et ce n’est que dans le collecteur que le groupe se reconstitue. A partir de là c’est une progression agréable dans la rivière jusqu’au fameux siphon de la charrue.

Pourquoi charrue, ah oui, faut que je vous explique. Ce siphon tient son nom du fait que votre détendeur joue le rôle de soc en ouvrant un sillon dans l’argile semi liquide !

En attendant que tout le monde arrive, je vais voir le départ, j’ai envie de chialer ;-). Manque plus que quelques dépôts mousseux pour avoir du vraiment glauque.

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On s’équipe un peu dans le brouhaha, masque, sécateur, bloc, détendeur, pelle anglaise, pieds de biche, pioche… Bon ben on est prêts. On a décidé depuis les explos à Malafosse, de toujours prendre une bouteille vide, au cas où l’on ait un détendeur qui ne fonctionne pas : ce plan marche bien, on va encore rationaliser les flacons.

Je m’engage le premier pour bénéficier de la limpidité de l’eau, je me tracte sur la corde en place et franchis l’obstacle boueux. Je me mets de suite au travail avec la pelle en attendant la cavalerie lourde qui débarque avec marteau et pioche. Très vite le chantier post siphon s’organise, Steph et Christophe s’attaque à un seuil qui même résistant va être obligé de s’avouer vaincu. Malgré cela le désiphonnage ne sera pas pour aujourd’hui. La fronde commence à gronder chez les ouvriers et le chef de chantier est obligé de lâcher du lest pour éviter la grève.

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Pour autant le travail n’est pas fini et c’est cette fois armés de boussole, décamètre et carnet topo que nous partons vers le fond. Cette fois on ne manquera pas de crayon. C’est bien sûr Christophe qui se colle au dessin, c’est impressionnant de le voir faire un dessin d’une telle qualité dans une ambiance pareille, avec Steph nous nous contentons de dérouler, annoncer les paramètres topographiques.

C’est ainsi que nous parcourons environ 500 mètres dans les galeries aperçues pour la première fois en 2007. De belles cheminées percent le plafond à de nombreux endroits, les creusements sont bien visibles, nous sommes contemplatif. Nous voilà dans la zone de voutes mouillantes qui avait arrêté Christophe lors de la précédente explo. En effet, c’est bas de plafond et l’eau ne nous laisse qu’un espace de 15cm pour nous égayer. De moins en moins d’espace pour batifoler et nous voilà à l’endroit redouté : le siphon 2.

Nous réfléchissons pour savoir à quel « ennemi » nous pourrions proposer cette plongée sans doute magnifique ! Cela fait 4h00 que nous sommes post-siphon il est temps de rejoindre les copains pour sortir tous ensemble et apprécier la gnole de monsieur Dauphin, propriétaire des lieux, et le remercier de sa sympathie.

La suite surement dans 10 ans le temps d’oublier…

Merci à tous ceux qui sont venus nous filer un coup de mains. Sans eux la chose se serait surement arrêtée à la gnole dans les hangars !”