Exploration au Gouffre Pater / (futur) Réseau du Dauphin 
Capitaine Caverne prêt à descendre, chef

27 déc. 2013

Participants : Thomas, Troll, Thierry (Merci pour les photos !), Nathan, Manu, Pierre, Michel, et bien sûr Brigitte et Sanghee (nos 2 balises traîne-cailloux, affectueusement dénommées dans l'intimité d'un méandre bientôt ex-terminal)

TPST : 6h

Histoire de dépenser quelques calories bizarrement accumulées depuis quelques jours (Ah, Noël et ses marathons culinaires), nous décidons de poursuivre le travail dans le Gouffre Pater.

Les objectifs sont multiples, mais l'équipe est nombreuse, et motivée :

Le pendule salvateurNous nous retrouvons donc de bon matin, à la fraîche, chez Thomas ou au bord du trou. 

Tandis que d'autres vont profiter du soleil dans les champs enneigés, nous irons profiter d'une belle journée, bien à l'abri des UV.

Nous rentrons sous terre dans l'indifférence générale, car nul soulèvement populaire spontané n'accompagne notre approche valeureuse. Mais où sont donc passées les groupies, en ce matin d'hiver glacial ? Seul Michel sera venu nous soutenir de sa présence rassurante et de sa logistique sans faille.

Bref, Troll et Manu partent équiper le gouffre, munis des matériels nécessaires.

Des blocs sont encore prêts à tomber en sortie du méandre d'entrée, en haut du grand puits... Il est vraiment temps de changer de trajectoire. Après une petite purge réglementaire de la tête du puits, nous allons voir ailleurs si nous y sommes.
Un pendule à -7 mètres permet de passer derrière un pan rocheux, et de retrouver une grande verticale, hors chutes de pierres. Le perfo perfore, le marteau martelle, les spits spitent... et Hop, 2 points plus tard, une nouvelle ligne est ouverte contre paroi, à côté d'une petite goulotte.
Ah ! la sensation de descendre en tête sur son propre équipement... 
Une déviation posée en second permettra d'éviter un joli frottement à la cassure du puits, mais nous amènera alors confortablement sous la douche.

Dixit Thomas : "Ça mouille, mais ça fait moins mal que les cailloux". Cet homme est un sage.
Moi je pensais plutôt à un nouveau slogan du genre : "Mourir (lapidé) ou périr (noyé), il faut choisir".
Mais curieusement, ce dicton ne sera pas retenu malgré son évident sens du rythme.

Une fois tout en bas, les suivants débarquent, les cordes filent dans les descendeurs et les remarques fusent concernant la douche inexorable.

Pierre, tailleur (on nage en plein pléonasme, ici)Nous avançons pour équiper la suite. Manu part devant pendant que l'équipe change une corde, et qu'un amarrage est posé pour éviter une zone étroite et un petit frottement.
Et Zou, direction le fond.

Arrivé seul au fond, je quitte tout le barda pour être à l'aise. Ça n'est pas que 7 et 3, mais tout de même.

Comme nous ne connaissons pas vraiment la réponse du gouffre en terme de ventilation, j'avance (très) lentement (environ 1 m par minute, un vrai bolide) vers les gravats, à l'affût de symptômes dénotant la présence de gaz résiduels. De nombreuses réflexions sur la densité relative des composés, leur solubilité dans le ruisselement d'eau, et ma propre capacité de détection, occupent donc agréablement ces instants.

Conclusion : niveau gaz, c'est (nada)^nada.

Il faut croire que le courant d'air existe et/ou que le ruissellement permanent entraîne vers le bas les molécules de gaz contenus dans les interstices inter-blocs.

Remplissage d'une première balise, en attendant les paires de bras musculeuses des collègues, afin de remonter fissa de quelques mètres les quelques 250 litres de cailloux, soit environ 1/2 tonne... Ça claque bien, 1/2 tonne, non ?

La chaîne humaine se met en branle. De nombreux calembours (à propos de nos chères balises bien remplies –calembours suffisament douteux pour ne pas être répétés ici auprès de chastes oreilles–) et 20 aller-retours de Brigitte et Sanghee plus tard, le fond est bien dégagé.

Le fond, oui. Mais pas le passage. 
Il faudra insister encore un peu, il devrait rester largement moins de 2 m avant de déboucher en haut du puits lors de la prochaine sortie.

Pendant ce temps-là, la paroi en bas du grand puits fait l'objet d'attentions.

Minute rupestre

Pierre, grave, grave la pierre de son geste sûr : "ASCR" naît ainsi sous sa plume d'acier. Restera à ajouter la date de la découverte, pour la postérité. Dans 18000 ans, nos descendants (espérons qu'il y en ait) se poseront des questions sans fin quant à la signification de cette gravure exécutée par un maître.

NDLR : vu dans dans Paris-Moche, suite à ces événements
"Dorénavant, les délinquants désœuvrés ne se limitent plus à tagguer les murs de nos belle cités, mais s'attaquent aussi au patrimoine géologique et néanmoins Jurassique. Mais que fait la Police ? Si ça continue, faudra que ça cesse."

Voilà voilà voilà.

Thomas – avec tous ses doigts. Si, si.La fin de la session approche.
La troupe remonte gentiment prendre sa douche dans le P50, tandis que Thomas et Manu organisent les répétitions de la fête nationale.
Manu aura l'honneur d'observer un maître-confiseur dans ses œuvres, fabuleux tricoteur de scoubidous, couché dans les embruns, et la tête collé à la paroi rugueuse, mouillée et fraîche. Le tout vautré de biais, avec une seule main. Ah, pour la cuisine, il faut le tour de main.
Et en plus, il a aimé ça, le président. Et son accolyte aussi. 
(NDLR : des fous, j'vous dit, ces gens-là).

Après une remontée pour se mettre à l'abri hors du méandre, bien trempés, nous préparons la dégustation de la cerise sur le gateau ; qui donnera encore un peu de travail aux futures équipes qui descendront au fond.

À l'instant fatidique, l'éclair fut, et le Tonnerre de Zeus emplit le Pater. 
C'est bien la moindre des choses, d'ailleurs.
Amen.

 

Après l'effort...  

Merci pour cette belle sortie.

Manu